Revolver de marine espagnol M1864 Kerr

1864
  • Pays: Espagne
  • Système de mise à feu: Système à percussion
  • Calibre: .44 (54 Bore) Ball

Le revolver Espagnol Mle 1864 est une copie conforme du revolver Kerr développé par James Kerr, l’une des fondateurs de la société London Armoury Company (LAC).
Le revolver est immédiatement reconnaissable par rapport aux revolvers contemporains comme le Colt, le Remington, et le Beaumont-Adams grâce à deux caractéristiques incontournables :

- La platine à ressort arrière est montée dans une échancrure sur le côté droit de la poignée. L’idée derrière ce curieux concept était que la platine était facilement accessible pour l’entretien et pratiquement tout armurier digne de ce nom était capable de la réparer avec des outils rudimentaires. Il faut penser que nous sommes encore dans l’aire des armes à percussion.

- L’axe du barillet ce prolonge à l’arrière de la carcasse et doit être tiré vers l’arrière pour libérer le barillet de la carcasse.
Bien que le revolver marche en action simple comme tous autres revolvers de la même époque l’emploi d’un platine classique à percussion nécessite un aménagement interne un peu particulier. On aperçoit une petite saillie sur la noix de la platine, cette saillie est connectée à la gâchette par un crochet. Quand le chien est armé, le mouvement de la noix, et donc du saillie, tir la gâchette en arrière pour que la queue de cette dernière se rapproche de la détente. Le lâché de la gâchette est de ce fait très court. Le principe est bien sûr bien connu, mais les moyens pour l’exécuter sont assez unique dû à la disposition de ce revolver.

L’Espagne avait choisi le revolver à broche Lefaucheux pour équiper la marine, mais la livraison de ceux-ci a été fortement retardée donc le revolver Kerr fut adopté entretemps. Il eut d’abord un modèle 1862 mais celui-ci souffrait de quelques défauts (à ce jour non-identifiés). Suite à quelques modifications il fut de nouveau adopté sous le millésime 1864.
Ce revolver a été fabriqué par la Fabrica (manufacture) de Durago, qui a replis un contrat de 1500 pièces. 4000 revolvers supplémentaires fut fournis par la société Orbea Hermanos à Eibar.

La platine et le dessus de la carcasse sont poinçonnés de d’un A et d’un O séparés par une ancre, ceux-ci ensembles pourraient être un poinçon de la marine. Les plaquettes sont poinçonnées du numéro 198 qui pourrait être le matricule de l’arme. Les pièces métalliques sont aussi poinçonnées d’un O et d’une ancre superposé qui sont sans doute des poinçons d’inspection.

Chaque chambre du barillet pouvait être rechargé avec de la poudre et des balles selon la méthode traditionnelle mais dans les années 1860 les cartouches en papier pour revolvers sont apparues. Ces petites cartouches en papier combustible réunissaient la charge de poudre et la balle, elles devaient simplement être pressées dans chaque chambre du cylindre en utilisant le levier de chargement. Ceci accélérait considérablement le (re)chargement même si il fallait encore soigneusement amorcer chaque cheminée.

Ces revolvers de sont pas des contrefaçons au sens légal du terme. Le Kerr espagnol est techniquement une copie légale car Monsieur Kerr n’avait pas fait breveter son revolver en Espagne donc les Espagnols étaient libres de produire son revolver sans craindre de poursuites. Les revolvers ont été produits dans des véritables établissements d’arquebuserie et la qualité des armes est magnifique comme on peut constater sur les images.

Mis à part la Marine Espagnole, les seuls autres acheteurs du revolver Kerr pour utilisation réglementaire furent les États-Confédérés, mais ceux-ci les ont commandés directement à la société LAC. Il est intéressant de noter que contrairement aux États-Unis, les pays Européens n’ont généralement pas adopté le revolver à percussion sauf pour quelques unités d’élite ou fût acheté à titre personnel par les officiers. La grande majorité des armées Européennes sont passées directement du pistolet à percussion mono-coup au revolver à cartouches métalliques.