Fusil d'infanterie russe M1870 Berdan II

1870
  • Pays: Russie
  • Système de mise à feu: Percussion centrale
  • Calibre: 10,75 x 58R Berdan

Pourquoi Berdan II? Tout simplement parce qu’il a été deuxième fusil adopté par la Russie à avoir été créé par l’inventeur et célèbre tireur américain Hiram Berdan. Le Berdan I n’a été adopté que très brièvement. Il comportait un système à tabatière assez similaire au Albini-Braedlin belge mais sans platine à percussion. Le Berdan II dispose d’un système à verrou simple, robuste et aux lignes très pures. On devine déjà la ligne de son successeur, le Mosin-Nagant.

Le verrou est très long et le levier de manipulation est très court et en forme de poire. Pour fermer la culasse, il suffit de baisser le levier de 45°, un peu comme sur le fusil Dreyse. Au bout du verrou se trouve un très gros bouchon de culasse. Dans la face du verrou se trouve un logement dans lequel est monté l’extracteur, celui-ci étant positionné vers l’avant par un ressort monté sur la tige de l’extracteur. Une vis retient l’extracteur dans son logement. La surface supérieure de l’extracteur comprend une surface de came contre laquelle s’appuie ladite vis pour donner à l’extracteur un mouvement très particulier.

Quand le verrou est fermé, l’extracteur est poussé dans son logement par la surface extérieure conique de la chambre. L’interaction entre la surface de came et la vis est telle que l’extracteur monte verticalement, se dégageant du culot de la cartouche chambrée. Quand le verrou est tiré en arrière, l’extracteur est libre de bouger vers l’avant, mais cette fois l’interaction entre la vis et la surface de came est telle que l’extracteur descend verticalement, attrapant le culot de la cartouche au passage pour l’extraire de la chambre.

L’ensemble détente/éjecteur est installé dans un logement sous la culasse. Quand la culasse est ouverte, l’éjecteur monte, ce qui fait culbuter la cartouche hors du boîtier. Pour enlever le verrou du boîtier, il suffit simplement d’appuyer sur l’éjecteur et tirer la culasse on arrière, ce qui est évidemment très pratique.

Le calibre 10,75x58R était apprécié à l’époque pour sa puissance et sa précision. La balle était calpinée, comme beaucoup d’autres cartouches métalliques militaires de l’époque. Il est intéressant de noter que lors du chargement de la cartouche, le culot n’est pas inséré dans la chambre; il est en fait retenu entre le verrou et le rebord de la chambre, comme sur la Winchester 1873.

Il s’agit ici d’un fusil d’infanterie. Il existait aussi un fusil de dragon, un fusil de cosaque et une carabine de cavalerie. L’aigle impérial est poinçonné sur le tonnerre et le canon porte le numéro de l’arme et l’inscription “СЕСТРОРЕЦКИЙ ОРУЖЕЙНЫЙ ЗАВОД” qui signifie “Manufacture d’Arme Impériale de Tula”, ainsi que la date de manufacture. Cette arme a aussi été fabriquée à Sestrovesk, Izhevsk et Birmingham (première série).

La hausse est calibrée en arshin (1 arshin = 71.1cm) et peut être ajustée entre 200 arshin (142m) et 1200 arshin (853m). Comme beaucoup de fusils de son époque, il est aussi équipé d’organes de visée pour le tir indirect.

La lame de la baïonnette a une section cruciforme et se termine en lame plate, comme celle d’un tournevis.