Carabine de cavalerie portugaise M1867

1867
  • Pays: Portugal
  • Système de mise à feu: Percussion - Chargement par culasse
  • Calibre: .45 Monkeytail combustible

En 1866, le Portugal décida de moderniser son armement. Depuis le début du 19ème siècle, il avait plus ou moins suivi les tendances britanniques et cette fois encore, il envoya ses agents enquêter au Royaume-Uni sur les tendances en matière d’armement. Les portugais ont alors choisi un système à percussion avec chargement par culasse crée par la société Westley-Richards souvent appelé “Monkey-tail” (queue de singe) pour des raisons expliquées ci-dessous.

Le système avait jadis été testé par les britanniques et mis en service de façon très limité auprès de la cavalerie. Son succès était cependant plutôt commercial, surtout auprès des tireurs de compétition. Cela étant, 1866 marque l’aube de l’aire de la cartouche métallique et le système Westley-Richards était déjà complètement dépassé comme arme de guerre. Néanmoins, les portugais ont adopté ce système sous forme de fusils (8000 pièces), carabine (2000 pièces) et pistolets de cavalerie (1000 pièces).

Tout comme le Podewils-Lindner, le système fonctionne selon le principe que la culasse peut être ouverte pour introduire une cartouche combustible comprenant la charge de poudre et une balle. Une fois la culasse fermé, une capsule à percussion est placée sur la cheminée et le coup est tiré, comme avec une arme à percussion. Cependant, si le système est identique à celui du Podewils-Lindner, la culasse du Westley-Richards est complètement différente et le système ne repose pas sur la transformation d’une arme existante.

Le cœur du système réside dans la trappe à l’arrière du boîtier. Cette trappe possède un long levier légèrement recourbé qui s’étend sur le dessus du poignet de la crosse, et constituant la fameuse “queue de singe”. Sur la face inférieure de cette trappe, du côté du boîtier, se trouve un rail sur lequel est monté un bloc de culasse coulissant. Sur la face avant de ce bloc de culasse est fixé un bouchon de culasse en laiton. La face inférieure de l’arrière du bloc de culasse comprend une came. Quand la trappe est fermée, cette came se loge dans une cavité à l’arrière du boîtier. Lors du départ du coup, le bloc de culasse coulisse en arrière, ce qui force et coince la came contre une surface inclinée à l’arrière de cette cavité. Par cette opération, la culasse est verrouillée tant qu’il y a de la pression sur le bouchon de culasse. Une fois le coup parti, il n’y a plus de pression et le système, savoir donc le levier de trappe, peut-être simplement soulevé pour ouvrir la culasse. En soulevant le levier, la culasse s’ouvre sans action supplémentaire car la surface inclinée de la cavité repousse la came du bloc de culasse vers l’avant pour que cette dernière puisse sortir de la cavité. Si vous avez bien suivi, vous vous rendez compte que la culasse est verrouillée seulement au moment de la mise à feu. Bien que semblant risqué, le système fonctionne très bien. Le bouchon de culasse est fixé sur le bloc de culasse par une articulation pour faciliter son insertion et son extraction de la chambre quand le levier est actionné.

Comme la culasse de la plupart des armes à percussion se chargeant par la culasse de cette époque, celle-ci ne dispose pas vraiment de mécanisme d’étanchéité. La fonction d’étanchéité est assurée par la munition spécialement conçue pour cette arme. Les cartouches destinées à ce fusil comprennent un tube en papier fermé au culot dans lequel sont logées une dose de poudre et la balle. La balle s’sort du tube et la transition entre la charge et la balle est cintrée par un fil. Un fois la cartouche prête, la partie portant la balle est trempée dans la graisse. Une bourre épaisse fortement imprégnée de cire est collée au culot de la cartouche. Cette bourre assure l’étanchéité du système en se dilatant sous la pression de la détonation de la charge et en scellant la culasse. Cette bourre est positionnée derrière la charge et n’est pas entraînée dans le canon lors du tir. Théoriquement, la cartouche suivante devrait pousser la bourre de la cartouche précédente devant elle pour graisser, voire nettoyer, le canon. D’après mes expériences, la bourre est fermement collée au bouchon de culasse après chaque coup. La bourre remplit son rôle si elle est de la bonne longueur, du bon diamètre et dûment saturée de graisse ou de cire.

Pour les protéger de l’humidité, les cartouches étaient aussi généralement individuellement enveloppées dans un tube protecteur en papier qui devait être enlevé avant le chargement.

Sur le canon on aperçoit les mots “Whitworth Patent”, afin de rendre hommage au système de rayures polygonales breveté par M. Whitworth; le canon de ce fusil a un profil à neuf faces. Sur le canon on trouve aussi le diamètre du canon et le diamètre des rayures (dimensions minimum et maximum du canon), cequi est très utile pour sélectionner une balle pour le fusil. La platine est datée de 1867, ce qui correspond au contrat portugais, et sur le côté gauche du fût on distingue le poinçon F.A 1886 qui semble être un numéro d’inventaire. Le numéro de série sur le fût est différent de celui qui figure sur le boîtier; il n’est ainsi pas exclu que le fût ait été remplacé à un certain moment.

Le canon est fixé au fût par une forte tige en acier en guise de tiroir et par un embouchoir. L’embouchoir est muni d’un tenon de baïonnette sur le côté droit pour supporter un grand sabre baïonnette très similaire à la baïonnette britannique Mle1860. Je n’ai pour l’instant pas réussi à en localiser une seule.