Fusil Peabody Suisse Mle1867/77

1867
  • Pays: Suisse
  • Système de mise à feu: Percussion annulaire
  • Calibre: 10,4 x 42R

Le système Peabody, inventé par l’armurier Henry Peabody a eu un succès considérable en Europe, parallèlement au système Rolling Block de Remington. Le modèle présenté ici est un modèle Suisse de 1867/77. Comme de nombreux pays d’Europe, la Suisse comprit à partir de 1865, que les armes à chargement par culasse représentaient l’avenir armurier. Les nombreux conflits entre pays voisin rendaient encore plus pertinent le besoin d’avoir un armement moderne. La transformation des fusils à percussion au système Milbank-Amsler allait de bon train, mais la bataille de Königgrätz en 1866 contraignit la Suisse à trouver une solution immédiate pour armer ses carabiniers pour le cas où ses voisins belliqueux prendraient la Confédération comme cible. Les Etats-Unis étaient la seule nation capable de livrer un nombre important d’armes dans un court délai pour permettre ce réarmement rapide. La Suisse achète à la Providence Tool Company à Rhode Island (US) 15000 fusils au calibre 10,4x38R qu’elle reçoit en 1867, pour armer les corps d’élite.

Le très robuste fusil Peabody est d’une simplicité remarquable ce qui a sans doute beaucoup contribué à son succès. La mise à feu se fait par l’intermédiaire d’un chien monté sur une platine traditionnelle connue de tout les armuriers de l’époque. Une rainure usinée le long du côté droit du bloc de culasse loge un percuteur qui transmet la force de frappe du chien au bourrelet de la cartouche. Le boîtier carré est mécaniquement indépendant de la platine et contient le bloc de culasse qui bascule sur un axe à l’arrière du boîtier. Une grosse lame ressort est fixée sous le bloc de culasse et s’appuie sur une tige traversant le boîtier sous l’axe de rotation du bloc. La lame ressort comporte une arrête près de son extrémité libre. Lorsque la culasse est fermée, l’arrête se trouve devant la tige, l’empêchant ainsi de basculer vers le bas; en poussant sur le levier, le bloc est basculé vers le bas, ce qui force l’arrête du ressort derrière la tige, retenant ainsi le bloc dans sa position basse. En position basse, le bloc de culasse vient en appui contre le bec de l’extracteur pour faire basculer ce dernier.

Le modèle d’origine de 1867 est 100% de fabrication Américaine. Le canon est rond sur toute sa longueur et est rayé de 3 rayures et le percuteur a une tête large au profil arrondi. La hausse est graduée de 200 à 800 pas. En 1877, le bloc fut modifié pour accepter un percuteur avec une tête plus étroite garantissant une percussion plus sûre; la taille de la lame l’extraction est aussi réduite. Un très grand nombre de fusils, les deux tiers selon la littérature, ont été recanonnés suite à l’usure du canon d’origine. Un canon suisse est facilement reconnaissable grâce à son tonnerre à 8 pans et ses 4 rayures.

Le fusil est très élégant, léger et très facile à manipuler. La charge est décomposée en quatre mouvements:

  1. Armer le chien
  2. Faire basculer le bloc vers le bas en appuyant sur le pontet
  3. Introduire une cartouche
  4. Fermer le bloc en remontant le pontet

Le bloc de culasse est adapté pour la percussion annulaire. Il est donc assez difficile de nos jours de tirer avec un fusil Peabody suisse, sauf si l’on utilise des cartouches spécialement adaptées comme celles illustrant l’article relatif au système Milbank-Amsler. Heureusement, le Peabody fut aussi produit en percussion centrale, notamment pour l’Espagne. Il est possible de substituer le bloc de culasse d’un Peabody suisse par un bloc de culasse d’un Peabody espagnol pour pouvoir tirer des cartouches de 10,4x38R ou 10,4x42R à percussion centrale. Les deux blocs sont en principe interchangeables même si cela nécessite parfois un peu d’ajustage.

Le fusil Peabody fut attribué aux carabiniers en attendant la livraison des fusils transformés au système Milbank-Amsler puis équipa les corps de génie et d’artillerie.