Fusil d'infanterie Belge Mle 1841/53/67 Albini-Braendlin

1867
  • Pays: Belgique
  • Système de mise à feu: Percussion centrale
  • Calibre: 11 x 50R Albini

La Belgique suivit la tendance de modernisation de l’armement qui traversa l’Europe à la fin des années 1860.  Avec la Prusse et la France comme voisins, il était temps de s’attaquer au problème d’un armement dépassé. Petite nation au petit budget militaire, la Belgique opta, comme beaucoup d’autres, pour un système de transformation des armes existantes, les fusils Mle1841/53 et Mle1853 à percussion.  Le système de transformation choisi fut le système Albini-Braendlin, un système à tabatière suivant globalement le principe du Wänzl autrichien et du Milbank-Amsler suisse.

Le système Albini-Braendlin porte sur une modification du système de culasse mobile pour fusils à percussion inventé par William Mont Storm. Le système fut retravaillé par Augusto Albini et Francis Braendlin pour l’adapter aux cartouches métalliques. Albini apporta le système d’extraction tandis Braendlin perfectionna le système de percussion et de verrouillage connecté au chien.

Le système comprend un boîtier tubulaire sur lequel est monté une culasse cylindrique. Cette culasse est montée articulée directement au-dessus de la chambre. Dans la partie avant de la culasse est logé un percuteur sollicité par un ressort en position rétracté.  La partiel arrière du percuteur pénètre dans un trou borgne à l’arrière de la culasse. Un extracteur à deux griffes est monté en rotation sur l’axe de la culasse et bascule uniquement quand la culasse est complètement basculé vers l’avant.  Ni la culasse ni l’extracteur ne sont sollicités par un ressort. Cependant, une détente à bille est présente à l’arrière de la culasse pour maintenir celle-ci en position fermée sans être verrouillée.

L’arrière du boîtier reprend la forme du tonnerre et du bourrelet du canon d’origine. Un trou est percé dans la parois arrière dans l’axe de la culasse de sorte que ce trou se trouve en face du trou borgne à l’arrière de la culasse en position fermée.  Une coulisse de guidage s’étend en arrière de cette paroi, elle aussi aligné avec le trou.

La platine est tout simplement celle d’origine mais avec un nouveau chien.  Un coulisseau avec une goupille de verrouillage est monté de façon pivotante sur la tête du chien.  Ce coulisseau glisse dans la coulisse de guidage suivant la position du chien pour avancer ou reculer la goupille de verrouillage. Les trois positions du chien ont l’effet suivant :

1. Lorsque que le chien est sur le cran de sécurité, la détente est verrouillé et la goupille rentre dans le trou borgne à l’arrière de la culasse, mais pas assez pour venir frapper l’arrière du percuteur.  La culasse est alors verrouillée.

2. Lorsque le chien est armé, la goupille est rétractée dans le trou traversant à l’arrière du boîtier. Dans cette position la culasse peut être manipulée librement.

3. Lorsque le chien est lâché, la goupille est propulsée par le chien dans le trou borgne de la culasse pour aller frapper le percuteur. La goupille est donc responsable à la fois du verrouillage et de la mise à feu.

Ce fusil est un modèle 1841/53/67 car la platine est poinçonnée 1847.  Les platines arrière frappés d’une date supérieure à 1853 proviennent de fusils modèle 1853/67.  Quoique très rarement, il est possible semble-t-il de trouver des Albini-Braendlin transformés à partir de fusils à silex, mais je n’en ai encore jamais observé. A partir de 1873 des fusils entièrement neufs sont produits. Ils sont identiques aux armes transformées, sauf  l’extracteur dont la forme est reprise de celui du fusil Terssen.

Le fusil est au calibre 11x50R Albini et est malheureusement doté de la même chambre caverneuse que le fusil Comblain ce qui complique considérablement le rechargement. Quelque suggestions à cet égard se trouvent sur la page du Comblain.

La hausse est calibrée entre 500m et 1400m. En 1880, la cartouche fut améliorée en utilisant une balle en plomb durci. Ce changement rallongea considérablement la portée de la cartouche. Un certain Colonel Halkin proposa alors une modification des organes de visée pour pouvoir profiter de cette nouvelle munition. Le curseur est rallongé sur son côté droit et un bouton plat est rajouté sur le côté droit de la grenadière. Cette configuration permet le tir indirect entre 1400m et 2100m. Curieusement, ce fusil est muni du bouton de grenadière mais il lui manque le nouveau curseur.

La baïonnette destiné à ce fusil est une mince baïonnette à douille à section triangulaire.  Le fourreau est en cuir et se termine par bouton en fer.

Une version de l’Albini-Braendlin fut aussi adoptée par l’empire Britannique pour servir en Australie, une autre pour la marine Italienne, ces deux versions étant chambrées pour la cartouche .577 Snider.

L’armée Belge resta fidèle à Albini-Braendlin jusqu’à son adoption du fusil à répétition au système Mauser 1889 à poudre sans fumé sous l’impulsion de son roi Albert Ier..