Fusil de Chasseur Werndl 1873/77

1884
  • Pays: Autriche
  • Système de mise à feu: Percussion centrale
  • Calibre: 11 x 58R Werndl

Le fusil Werndl est le successeur du fusil muni du système de transition Wänzl. Il est connu sous le nom de « Werndl », mais le système de base fut développé par Karl Holub, chef d’atelier à la Österreichische Waffenfabrik AG ou « OEWG » dirigé par Josef Werndl. Il est généralement admis que Karl Holub est l’inventeur légitime du système tandis que Josef Werndl joua un rôle de soutien. Cependant, comme c’est Werndl qui a obtenu les droits de fabrication et les droits de distribution, son nom fut associé au fusil.

Le premier modèle apparut en 1867. Le modèle fut optimisé en 1873; il reprend un système modifié par Antonin Spitalsky pour lever quelques problèmes rencontrés lors de l’utilisation du fusil sur le terrain.

En 1877, l’Autriche adopte la cartouche 11x58R Werndl, plus longue et plus puissante que la précédente 11x42R. Cette modification engendre la nécessité de rechambrer les fusils produits antérieurement ainsi que de modifier les organes de visée de 200 – 1400 pas à 200 – 2100 pas en utilisant une glissière télescopique. Le fusil présenté ici est un modèle 1873/77, muni du système 1873 adapté pour la cartouche M1877. Comme le fusil est daté de 1878, il a très probablement été fabriqué neuf pour la cartouche M1877. Le canon est muni de six rayures.

Malgré de petites différences, les fusils M1867 et M1873 sont munis du même système. Le mécanisme est d’une ingéniosité remarquable et très originale. Le boîtier comprend une cavité cylindrique qui accueille un bloc de culasse sous forme de barillet, cette cavité est surplombée à l’avant par une partie de la paroi supérieure du boîtier de part et autre de l’ouverture de la chambre. La culasse tourne sur une broche de rotation qui traverse le boîtier dans l’axe du canon. A l’arrière de cette broche se trouve une portion polygonale. La broche est bloquée en rotation grâce à une vis à l’arrière du boîtier. Le barillet est inséré sous le surplomb et fixé contre tout mouvement longitudinal par une cale placée derrière le barillet.

Le bloc de culasse comprend une rampe de chargement usinée dans sa paroi. La broche est logée dans un trou percé dans le bloc de culasse. Une détente sollicité par un ressort fait saillie dans la paroi de ce trou, au niveau de la section polygonale de la broche. La pression de la détente contre les méplats de la portion polygonale de la broche engendre une accélération de la rotation de la culasse dans le sens soit de la position ouverte soit de la position fermée. Précisément, c’est le dépassement par la détente de la crête entre deux méplats qui engendre l’accélération; grâce à ce mouvement, une faible pression de l’utilisateur suffit à actionner la culasse.

L’extracteur a un bras de levier logé dans le côté droit du boîtier. A l’extrémité de ce bras se trouve une anse qui se déplace dans une cannelure dans la surface externe du barillet de culasse. Quand le barillet s’ouvre, il effectue brièvement une rotation excessive avant de retrouver une position neutre. Dans la position de rotation excessive, la forme de la cannelure fait en sorte que le l’extracteur, par l’intermédiaire du levier et de l’anse, bascule momentanément en arrière pour extraire un étui. Lorsque le barillet retrouve sa position neutre, l’extracteur est de nouveau en position rentrée. Avec des ressorts bien ajustés, cette rotation excessive se fait automatiquement et l’étui est complètement éjecté. Si les ressorts sont fatigués ou si le mécanisme est ralenti pour toute autre raison, le barillet de culasse peut être tourné au-delà de la position neutre pour actionner l’extracteur.

Comme sur beaucoup des armes contemporaines, le percuteur traverse le barillet de culasse diagonalement. Sa pointe est ainsi dirigée sur l’axe central de la chambre quand le barillet est en position fermée. Le percuteur est sollicité en position rétractée par un ressort. Il est intéressant de noter que l’extrémité du percuteur frappée par le chien ne fait pas saillie à l’arrière du barillet. Quand le chien est lâché, son bec pénètre dans le canal du percuteur.

Le système ne contient aucun moyen de verrouillage pour maintenir le barillet on position fermée. Nonobstant, on s’aperçoit d’emblée que le système est très fiable pour les raison suivantes :
1. En cas de rupture d’une cartouche, le barillet est poussé en arrière contre la paroi du boîtier mais il ne peut en sortir car la broche est solidement encastrée dans le boîtier et tout mouvement verticale du barillet est empêché par le surplomb du boîtier au-dessus de la bouche de la chambre.
2. Si on essaie d’ouvrir le barillet au moment du lâché du chien, le percuteur ne se trouve plus aligné avec l’amorce de la cartouche.
3. Il est impossible d’ouvrir le barillet au moment de la mise à feu de la cartouche car le bec du chien est alors enfoncé dans le canal du percuteur empêchant toute rotation du barillet.

La platine ressemble à une platine arrière à percussion classique. Mais elle est grandement simplifiée car le chien et la noix sont monobloc, ce qui réduit le nombres de pièces principales à quatre. A titre de comparaison, le fusil M1867 comprend :
1. Une platine classique avec un chien extérieur et une boîtier au profil externe plus arrondi.
2. La broche est solidaire du barillet en rotation. Elle est munie d’une pièce polygonale à son extrémité arrière.
3. Un ressort de barillet externe en forme de lame s’étend le long d’une queue de culasse pour venir en appui contre la pièce polygonale à l’arrière de la broche qui, une fois monté dans le boîtier, fait saillie à l’arrière celui-ci.

L’optimisation de 1873 a permis de créer un fusil avec le même système d’indexation, mais avec un mécanisme de barillet beaucoup mieux protégé de la saleté, avec un profil plus élégant et moins fragile.

Le fusil représenté ici est un modèle prévu pour les chasseurs. Il ne diffère du fusil d’infanterie que par le repose-doigt du pontet. La baïonnette est une épée baïonnette avec une lame de type yatagan, très à la mode durant cette période. Un système Werndl de taille réduite fut développé pour des carabines chambrées pour une cartouche plus petite (11x36R).

Le fusil est très agréable à manipuler. Avec le pouce de la main droite, il est très facile d’armer le chien, de faire basculer le barillet ouvert (éjectant ainsi un étui), d’insérer une nouvelle cartouche et faire basculer le barillet en position fermée. La forme du pontet garantit aussi une prise agréable au tir.