Fusil Beaumont-Vitali M1871

1875
  • Pays: Pays Bas
  • Système de mise à feu: Percussion centrale
  • Calibre: 11 x 52R Beaumont

Le fusil Beaumont fut le premier fusil du royaume des Pays-Bas conçu pour l’utilisation de cartouches métalliques. Les Néerlandais ont très brièvement adopté le système Snider sur leurs armes longues à percussion mais ceci n’était que transitoire pendant que les essais pour le nouveau fusil avaient lieu. Le modèle présenté ici est un Beaumont-Vitali modèle 1871/88 car il comprend un magasin Vitali ayant une capacité de quatre cartouches. Il était fabriqué par la société P. Stevens à Maastricht, le principal fabricant des fusils Beaumont.

Edouard de Beaumont a réalisé ce système au profil arrondi apparemment inspiré du Chassepot Français. Le verrou est particulièrement esthétique avec le bouchon de verrou qui ne présente aucune surface de préhension et sa poignée en forme de bulbe. La pièce caractéristique de ce verrou est le ressort en forme de V du percuteur. Ce choix est curieux étant donné que le ressort boudin était déjà utilisé dans les verrous de nombreuses armes. Ce ressort est logé dans la poignée. L’un des bras de ce ressort est plus long que l’autre et est agencé pour propulser le percuteur en avant. Une conséquence de cette configuration est bien sûr que le levier ne peut être coudé comme c’est souvent le cas sur les armes de cavalerie et d’artilleurs. C’est la raison pour laquelle la cavalerie et l’artillerie néerlandaises furent armées de carabines “Rolling block” de fabrication Nagant.

La tête de culasse est pourvue d’un extracteur sur son côté droit et un éjecteur sur son côté gauche, ce qui produit une éjection vigoureuse à droite par l’échancrure du boîtier. Le dessus de la culasse (?) est percé de deux évents pour évacuer les gazes de la chambre en cas de rupture d’étui. Les toutes premières cartouches métalliques n’étaient pas toujours de très bonne qualité.

Le fusil Beaumont a subi quelques modifications au long de sa vie ; exemple : un levier de sécurité fut supprimé en 1876. Ce fusil date de 1875 et donc construit à l’origine avec une sécurité. Celle-ci fut supprimée, et ainsi, deux trous bouchés marquant l’emplacement de la sécurité sont visibles sur l’épaulement arrière gauche du boîtier.

Le fusil est au calibre 11x52R Beaumont. Une cartouche plus puissante qui fut conçue en 1878 avec une balle plus lourde. Cette nouvelle cartouche avait une trajectoire plus plate et plus longue. La hausse des fusils a aussi due être modifiée. La hausse a été conçue par le capitaine de l’armée Français P.J in de Betou. Elle est étalonnée de 200m à 1800m. Le petit feuillet coulissant attaché à la planche de hausse empêche cette dernière d’être baissée en dessous de 250m. L’utilité de ce gadget m’échappe.

En 1888 il fut décidé de moderniser les armes de l’armée en transformant le Beaumont en fusil à répétition. Après de nombreux tests le magasin fixe Vitali de conception Italienne fut sélectionné. Pour faire cette transformation il a fallu découper un puits dans le fut sous le boîtier. Ceci a sensiblement fragilisé le bois à cet endroit et il n’est donc pas surprenant de trouver un Beaumont-Vitali avec une réparation au niveau du magasin. Associé au magasin, apparaît un système pour bloquer l’ouverture du magasin. Un levier sur la gauche du boîtier fait basculer une lame qui vient obstruer l’ouverture du magasin. Cette lame empêche les cartouches de monter et donc d’alimenter le verrou. Le magasin était alimenté en introduisant des cartouches à travers le boîtier en utilisant des lames chargeurs identiques à celles utilisées pour le Vetterli-Vitali. Il est curieux que les Néerlandais aient choisi de modifier leurs armes à poudre noire alors que la poudre sans fumée était déjà d’usage courant depuis1886 dans les pays voisins.

La baïonnette pour ce fusil est une baïonnette à douille avec une lame cruciforme. Sur les premiers modèles la bague de verrouillage était d’une seule pièce pour être par la suite remplacée par une bague constituée de deux pièces vissées l’une à l’autre. Les fusils Beaumont de marine étaient pourvus d’une épée baïonnette très similaires à celle du Chassepot.

Il existe de nombreuses variantes du fusil Beaumont, plus particulièrement des versions pour l’armée, la marine, et les troupes coloniales. Ces deux derniers n’ont jamais été transformés à répétition. Les fusils coloniaux doivent être bronzés à l’exception du verrou pour lutter contre le climat humide des colonies néerlandaises des tropiques. Les seules pièces bronzées sur un Beaumont-Vitali sont le magasin et la planche de hausse. Il y a aussi eu un petit nombre de fusils de cadet de taille légèrement réduite ainsi que des fusils adaptés au calibre 6mm Flobert pour le tir d’intérieur.

La fabrication de ces fusils est très soignée. Toutes les pièces sont épaisses et très bien usinées, ce qui lui donne un aspect rassurant de solidité. La longueur et son poids rendent ce fusil très agréable pour tirer, et de plus avec une bonne précision. Les contours et les divers poinçons sont aussi nets qu’à l’état neuf en 1875. Soit ils ont très peu tiré, soit les consignes d’entretien dans l’armée néerlandaise étaient très strictes, car il est rare de trouver un Beaumont en mauvais état.