Revolver de marine français M1858

1858
  • Pays: France
  • Système de mise à feu: Système Lefaucheux
  • Calibre: 12mm Pinfire

Voici un revolver Lefaucheux 1858 de type marine en calibre 12mm à broche.

Le revolver est conforme à 100% au modèle militaire et le poinçon réglementaire de la manufacture impériale de St Etienne est bien visible sur le côté droit de la carcasse. Il ne porte pas l’inscription du modèle sur le tonnerre comme on la trouve sur les revolvers réglementaire. En revanche, on voit sur le côté gauche de la carcasse le poinçon de l’entrepreneur Felix Escoffier.

Les entrepreneurs des arsenaux étaient responsables de la liaison entre les arsenaux et les fournisseurs civils. Du fait de cette activité, les entrepreneurs pouvaient prélever un certain nombre d’armes produites dans les manufactures pour les revendre à leur nom sur le marché civil. Cette arme est une de celle-ci. De telles armes étaient très coûteuses et il est fort probable que les acheteurs étaient des officiers bien dotés désireux de se procurer un arme du dernier cri.

Le système de cartouche à broche à été breveté pour le première fois en 1835. La cartouche comprend un étui métallique dans lequel est fixée une amorce. Une broche est introduite près du culot à travers la parois de l’étui, presque perpendiculairement à l’axe de l’étui, pour venir au contact de l’amorce à l’intérieur de l’étui. La charge de poudre est introduite et une balle est sertie. La chambre de l’arme, soit les chambres du barillet, sont pourvus d’une ouverture pour permettre à la broche s’insérer, ce qui permet aussi de maintenir la cartouche en position car elle n’a pas de bourrelet. Le chien de l’arme vient frapper la broche, laquelle frappe l’intérieur de l’amorce qui enflamme la poudre. Le système a rencontré un grand succès pour les revolvers ainsi que les fusils de chasse, même après l’arrivée des premières cartouches à percussion centrale. Bien que la charge des cartouches à broche pour revolver étaient souvent assez “anémiques” comparées aux charges de poudre d’une arme à percussion classique, de pouvoir charger l’arme rapidement et de pouvoir recharger avec très peu d’outils constituait un très gros atout.

La marine Française disposait d’une grande autonomie en matière d’armement et elle a adopté le revolver Lefaucheux comme arme de poing en 1858 tandis que l’armée utilisait encore de lourds pistolets à percussion à un seul coup. De nombreux autres pays européens ont adopté le revolver, destiné surtout aux officiers, à la cavalerie, aux troupes de marine et aux forces de policie. Lors de la guerre de sécession, les deux camps engagés, tant les nordistes queles sudistes ont acheté une grande quantité de revolvers de ce type.

Mis à part les marquages réglementaires, il y a quelques caractéristiques de ces revolvers qui les distingues des modèles civiles :
- La queue du ressort du chien est perpendiculaire à la lame du ressort et est fixée entre la carcasse et la calotte. Le ressort est maintenu en place par l’une des deux vis de calotte;
- Le chien a une tête renforcée au profil carré;
- Le guidon est conique et solidement soudé.

Au contraire de la plus part des revolvers, l’arrêtoir du barillet n’est pas relié à la gâchette. L’arrêtoir de ce revolver se présente sous forme de petit penne qui est actionné par le chien. Quand le chien est mis en position armée, le penne sort de la carcasse sous la portière de chargement pour venir bloquer le cylindre en rotation. Petit truc pratique aussi, l’avant du cylindre présente une petite extension autour de l’axe du barillet qui vient s’encastrer dans la carcasse ce qui empêche la crasse de venir trop s’infiltrer entre le barillet et l’axe du barillet, et qui pourrait déranger la rotation du barillet. Cette astuce a été utilisée sur les revolvers des années plus tard.

Le système Lefaucheux a vite été dépassé par les armes à cartouches à percussion annulaire et à percussion centrale. Celles-ci n’avaient bien sûr pas de broches et n’exigeaient plus autant de soin lors des manipulations et des transports. Cependant, le système est resté assez populaire chez les fabricants de petites armes de défense. La marine Française est restée fidèle à Lefaucheux en adoptant son revolver à percussion centrale en 1870.