Fusil d'infanterie Français M1869

1867
  • Pays: France
  • Système de mise à feu: Système à percussion
  • Calibre: 18 x 35R Tabatière

L’arme à la base de ce fusil 1869 est un fusil d’infanterie Mle1857 à percussion. Il s’agit d’une adaptation du système Snider apparemment breveté par un mystérieux Mr Schneider en 1867. Il était prévu d’en équiper les troupes de deuxième échelon, ce qui aurait été optimal. Mais la guerre de 1870/71 l’a jeté dans les mains de troupes du front, qui l’ont malheureusement méprisé. Son heure de gloire, si l’on peut dire, fut le siège de Paris à la fin 1870. Il fut l’un des nombreux types d’armes utilisés par la défense nationale en raison du manque de fusils Chassepot après la défaite à Sedan.

Pour procéder à la transformation nécessaire, le canon était coupé devant le tonnerre et un boîtier fut vissé au canon. Le boîtier est ouvert à l’arrière et dessine une courbe pour créer une rampe d’alimentation pour la grosse cartouche. Le bloc de culasse est très similaire à celui du Snider mais beaucoup plus gros. Il bascule grâce à une charnière sur la droite du boîtier et peut coulisser sur la tige de charnière pour actionner l’extracteur. L’extracteur ne sort l’étui que partiellement de la chambre; l’arrière du boîtier étant ouvert, il était alors facile de faire basculer l’étui hors du boîtier. Un ressort de rappel est monté sur la tige de charnière pour coulisser le bloc de culasse vers l’avant.

Le bloc de culasse a une grosse ailette de manipulation sur la gauche qui s’emboîte dans le côté gauche du boîtier. Il est retenu en position fermée par une lame détente. Le ressort en V vissé à l’arrière du bloc est une caractéristique du système “Schneider” deuxième type. Un des bras du ressort sert de lame détente pour verrouiller le bloc culasse en position fermée et le deuxième bras permet de retenir le percuteur dans son logement. Le système du premier type avait une détente à bille monté dans le boîtier pour verrouiller le bloc de culasse et le percuteur était retenu par une vis.

La forme du percuteur est aussi intéressante. La tête en forme de bouton est facilement tirée en arrière si le percuteur est coincé dans une amorce, ce qui était possible si on considère l’énorme force de frappe du chien. Le chien lui-même est celui d’origine. Il a simplement été tordu légèrement pour pouvoir frapper le percuteur de manière optimale. La pression exercé par le chien est considérable et contribue au verrouillage du bloc de culasse au moment du tir. La hausse est très rudimentaire.

La transformation fut exécuté par de nombreux ateliers civils sous la surveillance d’inspecteurs, les manufactures impériales étant alors monopolisées par la production des fusils Chassepot. On trouve parfois des fusils pourvus de bloc de culasse en bronze. D’autres petites variations apparaissent de temps en temps, introduites sans doute dans l’urgence de produire les transformations le plus vite possible avec un contrôle minimum. La transformation était destinées aux fusils de dragon Mle1853, au fusil d’infanterie 1857, et à la carabine de chasseur 1859. Du fait du manque cruel d’armes pendant la guerre de 1870/71, des fusils Mle1822Tbis antérieurement à silex ont aussi été transformés. Ceux-ci sont facilement reconnaissables à la forme de leur platine. Le fusil que je vous présente est conforme au modèle de base. Toutes les pièces du boîtier et du bloc de culasse portent les pionçons d’inspection réglementaires. Il y a un petit poinçon, malheureusement illisible, sur le fût qui pourrait indiquer l’atelier qui a effectué la transformation.

La cartouche 18x35R est du type Pottet et ressemble de très près à la première version de la cartouche .577 Snider britannique, c’est à dire une cartouche aux parois en feuille de laiton recouverte d’un manchon en papier. La différence se situe au niveau du calibre encore de 18mm. La balle de type Minié a une cavité pyramidale. Le cartouche peut être réalisée à partir de cartouches de 12. Tirer avec ce monstre, c’est un peu comme du tirer au mortier; on aperçoit pratiquement la balle durant son vol.

Pour comparer, une photo montre une cartouche 6mm Flobert sur une cartouche 18x35R. Ce fusil est parfois appelé “fusil à tabatière” allusion au petites boîtes de tabac portées à l’époque.