Pistolet d'officier de cavalerie français M1833 2e type

1833
  • Pays: France
  • Système de mise à feu: Système à percussion
  • Calibre: 18mm (.69) Ball

Ce pistolet est le premier pistolet réglementaire européen conçu à percussion. Prévu pour les officiers de cavalerie, le pistolet présente des caractéristiques assez remarquables pour une arme de guerre:

- un canon rayé de 48 rayures cheveux, en acier damassé, au profil légèrement tromblonné et muni d’organes de visé;
- une chambre à poudre rétrécie de type Delvigne;
- une crosse finement quadrillée et un pontet avec repose-doigt, ces deux éléments étant à la mode pour les pistolets de duel;
- une platine à percussion arrière maintenue par une vis unique.

Le système Delvigne a été l’un des premiers systèmes visant à accélérer le rechargement et et à rechercher le meilleur contact possible entre la balle et les rayures du canon. Le diamètre de la chambre est réduit et un léger épaulement est créé à la sortie de cette chambre. L’épaulement a une surface légèrement sphérique pour épouser la forme de la balle. Après l’introduction de la poudre, la balle est introduite dans le canon et enfoncée pour que celle-ci vienne en appui sur l’épaulement. Un vigoureux coup de baguette tasse la balle contre l’épaulement, ce qui augmente son diamètre et lui fait épouser les rayures du canon. Lors du tir, les rayures engendrent la rotation de la balle. Il faut un effort considérable pour déformer la grosse balle en plomb et le faire à cheval, sur le champs de bataille, ne devait pas être une sinécure !

Ce système a pour conséquence notamment de faire perdre à la balle sa forme sphérique, et théoriquement une part de précision. Ceci étant, ces pistolets était principalement destinés au combat rapproché dans lequel la précision ne joue qu’un rôle secondaire.

Le pistolet porte la date de 1844 sur le tonnerre; il est signé de la manufacture de Chatellerault. Les lettres EB sont gravées délicatement sur la platine. Ce sont probablement les initiales du propriétaire d’origine. A l’époque les officiers devaient s’équiper à leurs propres frais et pouvaient ainsi librement commander leurs armes auprès des manufactures et les faire décorer selon leurs souhaits.

Le fond de l’encastrement de la platine est poinçonné BIROCHA. Sans que cela puisse être affirmé avec certitude, c’est peut-être le nom du tailleur de fût à moins que ce ne soit le B des initiales sur la platine. Mise à part cette légère différence de marquage, le pistolet est conforme à 100% au modèle réglementaire et il est poinçonné correctement.

Une mesure pour 1 gramme de poudre se trouve dans un compartiment situé dans la crosse. La mesure était vissée sur la baguette et remplie de poudre; le pistolet ensuite était glissé sur la baguette pour que la mesure se trouve directement au-dessus de la chambre. Puis, le pistolet était renversé pour que la poudre tombe directement dans la chambre. Ces pistolets étaient produits en paires. Le compartiment de crosse du deuxième de la paire était garni quant à lui de cheminées de rechange.

La prise en main est excellente grâce à la crosse élégante et le repose doigt. C’est uniquement en regardant la bouche béante du canon qu’on réalise qu’il ne s’agit pas d’un pistolet de tir ou de duel.