Carabine de chasseur autrichienne M1854/67 Wänzl

1867
  • Pays: Autriche
  • Système de mise à feu: Percussion annulaire
  • Calibre: 14 x 33R Wänzl

La bataille de Königgrätz a eu lieu en 1866. Cette bataille a vu les Autrichiens armés de leurs fusils à percussion Lorenz faire face aux fusils à chargement par culasse Dreyse de l’armée Prussienne. Ce fut un échec cuisant pour l’Autriche dont les troupes furent décimées. Suite à ce conflit, l’empire Autrichien ce lança dans la quête d’un nouvel armement moderne à chargement par culasse. En 1867 la décision fut prise d’adopter le fusil Werndl. Dans l’attente de la fabrication et de la mise à disposition de ces fusils, il fut décidé de transformer les armes Lorenz à chargement par culasse en utilisant un système développé par l’arquebusier viennois Franz Wänzl. Il s’agit d’une des nombreuses transformations faites à l’époque, souvent regroupées sous le nom de systèmes dits « a tabatière ». La transformation fut appliquée à toute la famille d’armes longues à percussion Lorenz.

Pour réaliser cette transformation, le canon fut reculassé avec un boîtier comprenant une trappe à charnière se basculant vers l’avant. Dans la trappe est logé un percuteur contraint en position rétractée par un ressort. Ce percuteur est positionné pour frapper le bourrelet de la cartouche à percussion annulaire à 6 heures. Au niveau de la charnière, le côté gauche de la trappe comprend une came ovale qui est en contact avec une longue lame de ressort. L’interaction de la came avec la lame de ressort fait en sorte que la trappe a tendance à bouger soit vers la position ouverte, soit vers la position fermée quand la pointe de la came se déplace d’un côté ou de l’autre d’une position perpendiculaire face à la lame de ressort. L’ouverture de la trappe actionne aussi un extracteur à mouvement linéaire sur le côté gauche de la chambre. Le système ne comprend pas d’éjecteur.

Le système comprend aussi un moyen de verrouillage automatique assez astucieux. Un verrou traverse le bouchon de culasse pour s’emboîter dans l’arrière de la trappe en position avant pour verrouiller celle-ci. Quand le verrou est rétracté, la trappe peut être ouverte. L’actionnement du verrou se fait par l’intermédiaire d’une broche ajoutée à la noix de la platine. Quand le chien est armé, la rotation de la noix fait en sorte que le verrou est rétracté. Quand le chien est libéré vers l’avant, le verrou est immédiatement propulsé en avant pour verrouiller la trappe. En cas de rupture de cartouche dans la chambre, la trappe reste ainsi solidement verrouillée. La trappe est aussi verrouillée quand le chien est mis sur le cran de sécurité. Le mécanisme est très proche de celui du fusil Albini-Braendlin belge. A l’exception de l’apport de la broche, la platine d’origine n’a pas subi d’autres modifications.

Il est fréquent de trouver un nom d’arquebusier frappé sur le dessus de la trappe. Vu le nombre de noms différents qui apparaissent, il est évident que cette transformation n’était pas centralisée.

La carabine présentée ici est une transformation d’une carabine de chasse Lorenz mle1854. La hausse a dû être modifiée pour tenir compte de la trajectoire des nouvelles munitions. Pour ceci il a fallu installer une nouvelle hausse dans une enture sur le canon ; en effet, la hausse d’origine faisait partie intégrante de la surface du canon sur les carabines et ne pouvait ainsi pas être modifiée directement.

La cartouche a pour nom 14 x 33R Wänzl et était une cartouche à percussion annulaire. La balle pour cette cartouche était une balle à jupe de 14,40mm de diamètre dotée de deux rainures de graissage situées en dehors de l’étui. Les rainures d’origine du canon de calibre 13,7mm n’ont pas été modifiées lors de la transformation. Malheureusement ni les cartouches, ni les étuis sont disponibles dans le commerce. Il ne faut cependant pas désespérer de faire revivre un Wänzl. Il est assez facile de tourner des étuis avec un logement excentré pour une cartouche à blanc 6mm Flobert, selon le principe également utilisé pour les étuis du Snider danois. Je peux fournir un croquis coté pour refaire des étuis si besoin, il suffit de me contacter.

Il arrive parfois de trouver des Wänzl à percussion centrale. Je ne sais pas si il s’agit de transformations d’essais ou simplement de transformations pour le marché civil. On croise également de temps en temps des exemplaires fabriqués en Belgique.

La baïonnette est celle du fusil Lorenz d’origine ; dans ce cas il s’agit d’un sabre baïonnette modèle1854 à douille avec sa fente hélicoïdale.