Carabine britannique MkII** Snider

1870
  • Pays: Royaume Uni
  • Système de mise à feu: Percussion centrale
  • Calibre: 577 Snider

Le système Snider est un de mes préférés. Il a été adopté de façon réglementaire par la Grande-Bretagne, la France, le Danemark, le Portugal ainsi que les Pays-Bas à une époque où les gouvernements cherchaient une façon économique pour transformer leurs stocks d’armes à percussion en armes à chargement par culasse tirant des cartouches métalliques. La transformation Snider est seulement une des solutions pour résoudre ce problème et vous trouverez un certain nombre d’autre systèmes analogues sur le site. Dans la majorité des cas, l’adoption de tels systèmes était temporaire dans l’attente du développement d’une arme neuve à chargement par culasse.

Concernant le Snider britannique, on peut aussi dire que l’intention était de ne l’adopter que provisoirement. Cependant, cette adoption provisoire a bel et bien durée près de 20 ans. Les fusils de base étaient les fusils de la famille de fusils à percussion “Enfield”; et plus tard ils ont été aussi fabriqués à neuf. La distribution générale du Snider a commencé à partir de 1866 puis il a été retiré progressivement des forces de l’empire dans les années 1880 avec l’arrivée du Martini-Henry.

La transformation inventée par Jacob Snider est axée sur un boîtier monté sur le canon d’origine, celui-ci ayant une portière à charnière qui pivote autour d’un axe sur le côté droit du boîtier. Cette portière est une culasse mobile qui contient le percuteur orienté de manière à transmettre la force du chien à l’amorce de la cartouche. Un fois la culasse mobile ouverte, elle peut aussi coulisser vers l’arrière sur l’axe de la charnière, ce qui actionne l’extracteur pour extraire aux moins partiellement l’étui. La culasse mobile est ensuite disposée de manière à revenir en avant grâce à un ressort monté autour de l’axe de la charnière. Le ressort est protégé par une gaine télescopique. Il est intéressant de noter que l’étui est seulement extrait et non pas éjecté, raison pour laquelle le soldat devait faire basculer le fusil pour le faire tomber. La culasse mobile était initialement verrouillée par une simple détente à bille (MkI, MkI*, MkII*, MkII**), remplacée ensuite sur le MkIII par un pêne actionné par un poussoir sur le côté gauche de la culasse mobile.
Pour recevoir la culasse, le fût devait être légèrement usiné mais pas trop pour ne pas l’affaiblir. La platine à percussion d’origine n’a pas été modifiée. Par contre, l’angle de frappe du chien a dû être modifié. Parfois la surface de frappe concave du chien a été réduite pour laisser une surface plane. En fin de compte, la transformation s’est révélée économique et d’une solidité à toute épreuve.

Cette carabine a reçu une fabrication soignée pour un client privé. Plutôt que d’une arme réglementaire, il s’agit d’une carabine neuve et non pas d’une transformation. Elle présente toutes les caractéristiques de la carabine de sergent réglementaire MkII** mais ne porte aucun poinçon réglementaire, ni de contrôle de manufacture, mis à part les poinçons d’épreuve sur le canon. La platine est millésimée 1870 et présente une couronne sans les initiales de sa majestée « VR » trouvées sur les armes militaires. Cela permet de penser que des pièces brutes d’armes réglementaires ont été utilisées pour fabriquer cette carabine. Le dessus de la culasse mobile est aussi frappé du logo Snider, une autre indication d’une fabrication civile. Le canon comporte cinq rayures dit « à pas rapide » qui correspond ainsi au modèle réglementaire. Ce canon était généralement plus précis que le canon à 3 rayures « à pas lent » du fusil de base. A l’avant du pontet se trouve une chaînette au bout de laquelle se trouve un protège-percuteur.

La cartouche est connue sous le nom de .577 Snider. L’étui d’origine était le résultat de l’assemblage d’un culot en laiton et d’un corps tubulaire de feuille laiton entouré d’une gaine en papier. Avec l’amélioration des techniques de fabrication, les étuis sont progressivement développés pour aboutir à un étui intégral en laiton. Avec les premières cartouches, il y avait des risques de rupture de l’étui. En cas de rupture, les gazs pouvaient théoriquement passer sous la culasse mobile, causant une ouverture brutale de la culasse. C’est l’une des raisons pour lesquelles le système de verrouillage à détente a été remplacé par un système plus solide. Il faut dire qu’avec les étuis modernes le risque d’une rupture est presque impossible si l’on utilise des charges appropriées.

L’ogive était du type Minié. La dilatation de la jupe était assistée par un bouchon conique en bois/étain/fer/argile. Les Minié modernes ne nécessitent plus l’utilisation de tels bouchons. Ma recette repose sur une balle ronde de 15,24mm et une charge de 50 grains de poudre noire Suisse N°3. L’espace entre la balle et la poudre est comblé par 50 grains de couscous. Les résultats ont été si bons dans ma carabine que je n’ai pas encore trouver la motivation d’essayer des Miniés. Il faut noter les dimensions des chambres des Sniders n’étant pas uniformes, tous ne peuvent pas digérer une bille de 15,25mm. Mesurez donc la vôtre avant d’investir en matériel de rechargement.