Carabine Baker britannique

1800
  • Pays: Royaume Uni
  • Système de mise à feu: Système à silex
  • Calibre: 15,8mm (.625) Ball

Les armes à canon rayée existent depuis des siècles, cependant, a l’exception des états germaniques, la carabine rayé a été adopté assez tardivement par les armés européennes. Même les états germaniques ne l’on employé que très sélectivement pour les troupes d’élites. Les britanniques ont bénéficié de cette expertise dû en partie aux divers alliances avec ces états germaniques et ont su reconnaître assez tôt le potentiel de ces armes. Ils ont donc commencé assez tôt à armer de petits corps de tireurs d’élite, sans qu’il y ait toutefois une uniformité d’armement entre les divers corps.
Les armes à canon rayées étaient considérées inférieures à cause de la doctrine militaire de l’époque ou la cadence de tir primait sur la justesse. Les manouvres de combat consistaient essentiellement à déployer de grandes masses d’hommes sur deux ou trois rangs pour qu’ils s’échangent des salves meurtrières à courte distance, et ce, le plus rapidement possible. Le soldat n’avait besoin que d’apprendre les rudiments du tir et son fusil n’avait pas besoin d’être particulièrement précis. Inversement, la carabine rayée ayant deux fois la portée d’un fusil lisse d’infanterie, elle peut être utilisée pour viser une cible individuelle, mais pour y parvenir, le tireur devait être expérimenté. Qui plus est, la cadence de tir était nettement inférieure à celui du fusil d’infanterie car la balle calepinée devait être forcée dans les rayures du canon, un processus nettement plus long que celui de descendre une balle sous-calibrée dans un canon lisse. L’investissement que nécessitent ces armes couteuses ainsi que la nécessité de former des tireurs d’élites a longtemps retardé l’adoption des armes rayées, d’autant que l’avantage tactique procuré par leur emploi n’était pas évident. Malgré tout, les britanniques ont fini par établir un cahier de charge en 1800 pour produire une carabine rayé réglementaire. Suite à un concours, la carabine de l’armurier Ezekiel Baker fut choisie. D’une façon générale elle suit le modèle des carabines de type germaniques employées auparavant, c’est à dire une carabine avec un appuie-joue et une trappe dans la crosse, un pontet avec repose-doigt, un canon court et épais et un grand tenon à baïonnette pour y fixer un sabre-baïonnette.
Le canon est fixé au fut grâce à un bouchon de culasse doté d’un crochet à bascule et des fixations à tiroir le long du fut, ce qui permet d’enlever de canon assez facilement. Le canon mesure 76,2 cm de long et est rayé de sept rayures. Le calibre est 15,8 mm, qui était alors le calibre des carabines réglementaires britanniques. Les organes de visés consistent d’un guidon fixe et d’une hausse à feuillette. La trappe dans la crosse contenait principalement les outils de nettoyage et aussi des calepins en cuire graissé pour le tir de précision. Pour le tir rapide en cas de nécessité, la carabine pouvait être chargée en utilisant les cartouches en papier réglementaires du fusil lisse, mais ce faisant, perdait toute précision. Des balles pré-calepinées de cuir ont aussi été développées.
La carabine était très appréciée des soldats et bien adapté aux rudes conditions des champs de batailles des guerres napoléoniennes. Au cours de sa longue carrière militaire, elle n’a subi que quelques modifications esthétiques au fil des ans. Elle a aussi été adoptée par des nombreux régiments volontaires, qui étaient libres de s’armer d’armes non-réglementaires à condition que celles-ci soient au calibre réglementaire. Il est donc possible de trouver des carabines de type “Baker” signées par des arquebusiers prestigieux, avec des canons plus ou moins long, ou même adapté pour des baïonnettes a douille. Le Baker fût aussi adopté par l’armée Portugaise et par le Mexique.

Cette carabine présentée ici est une reproduction produite par l’armurier britannique Peter Dyson. Mis à part l’utilisation de métaux modernes, elle est parfaitement conforme au dernier modèle réglementaire. La platine et le chien sont plats et le col du chien est renforcé (chien à espalet). Le canal de la baguette est fendu exprès pour permettre les saletés de sortir et aussi pour permettre au bois de gonfler sous l’effet de l’humidité sans coincer la baguette dans le canal.
La carabine est très agréable au tir, et, pour une personne de taille moyenne, n’est pas trop lourde et est bien équilibrée grâce au canon court. Je tire avec une balle de 15,24mm enveloppé d’un calepin en coton graissé épais de 0,5mm. Il faut un effort considérable pour forcer la balle dans le canon mais les résultats à 50m sont très bons.