Fusil belge de garde civique Comblain M1871

1871
  • Pays: Belgique
  • Système de mise à feu: Percussion centrale
  • Calibre: 11 x 50R Albini

Le fusil Comblain est l’invention de l’armurier Huber Joseph Comblain. Il rassemble un boîtier robuste avec une culasse verticale extrêmement compacte. En Belgique il n’a été utilisé de façon réglementaire qu’en petit nombre par les chasseurs et la cavalerie. Il a par contre eu beaucoup de succès auprès des organes paramilitaires tels que la garde civique, les gardes forestiers et les gardes de trains par exemple. Au niveau international, le Comblain a été adopté par de nombreux pays sud-américains. Il me semble que tous les Comblain ont été produits en Belgique par quelques nombreuses sociétés d’armurier de bonne réputation.

Le fusil représenté ici a été fabriqué par la société Auguste Francotte. La fabrication en bronze du boîtier, des garnitures, de la culasse, du boîtier de détente et du levier de culasse/pontet est une caractéristique unique. Le chien, le percuteur, la détente, les ressorts, l’extracteur et le canon sont en acier. L’utilisation du bronze est due au fait qu’il est théoriquement plus facile à usiner. Il n’en demeure pas moins que des Comblain ont aussi été fabriqués entièrement en acier à la même époque.

Pour ouvrir la culasse, le pontet est basculé vers l’avant. Le pontet est maintenu en position fermée par un crochet poussé par un ressort puissant. Pour libérer le pontet du crochet, il faut une forte pression; le pontet est alors libéré subitement, l’ouverture et l’éjection d’une cartouche se faisant alors très rapidement. Dans le mouvement d’ouverture, le bloc de culasse coulisse dans un canal fraisé dans le boîtier. Le chien est armé automatiquement et l’extracteur est poussé vers l’arrière par une extension interne du pontet; la cartouche est éjectée directement vers arrière. Pour fermer la culasse, il suffit de basculer le pontet en arrière et de le cliquer dans le crochet. Il est intéressant de noter que le bloc de détente est creux et qu’il fait partie intégrante du bloc de culasse qui contient tout le mécanisme de détente. Ledit mécanisme est aussi extrêmement simple car la gâchette fait partie intégrante de la queue de détente et le mécanisme ne comprend qu’un seul ressort. Le percuteur est vissé dans le chien ce qui le rend facilement remplaçable.

L’emplacement et l’angle de la détente n’est pas des plus naturels mais on s’y habitue assez vite. La détente est très courte et sèche en raison du lien direct entre la détente et le chien.

Le canon est poinçonné de la date 1871 et de la cartouche GB (Gouvernement Belge), la culasse et les garnitures sont poinçonnées avec les poinçons d’inspection Francottes et le brevet Comblain est mentionné sur le côté droit du boîtier.

Le fusil est chambré pour la cartouche 11x50R, déjà en dotation à ce moment-là pour le fusil Albini-Braendlin. Les premiers étuis étaient fabriqués en feuille de laiton roulé avant leur perfectionnement en étuis en laiton emboutis. La balle était calpinée de papier graissé. La forme de la chambre est assez particulière car elle n’épouse pas la forme de la cartouche. Elle est sensiblement plus longue, ceci pour assurer le bon fonctionnement du fusil même avec un fort encrassement mais ce qui a pour conséquence que l’étui tiré perd complètement son col, ce qui ne posait pas de problème particulier à l’époque mais qui crée un véritable casse-tête pour le tireur d’aujourd’hui voulant faire revivre un de ces fusils. En effet, il est nécessaire de reformer complètement le col après chaque tir, ce qui fatigue énormément le métal et par conséquent réduit la durée de vie des étuis. Une solution consisterait à fabriquer des étuis aux cotes réelles de la chambre. Le fusil Albini-Braendlin est aussi muni de cette chambre anormale.

La baïonnette de ce fusil est presque identique au sabre-baïonnette Chassepot sauf les marquages sur le quillon et la lame. Elle peut être marquée de la cartouche GB et daté 1870 ou 1871. Cette baïonnette a été fabriqué par A.Francotte comme le fusil. Le seul autre marquage est le numéro de série.