Fusil d'infanterie bavarois M1858/67 Podewils-Lindner

1867
  • Pays: Allemagne - Bavière
  • Système de mise à feu: Percussion - Chargement par culasse
  • Calibre: 13,7mm (.54) Podewils-Lindner combustible

Le fusil bavarois 1858/67 Podewils-Lindner est une arme à percussion qui se charge par la culasse. Le fusil lui ayant servi de base était le fusil Podewils 1858 qui a été modifié selon un concept d’Edward Lindner. L’adoption d’un tel système déjà dépassé repose sur une décision politique; c’est en tout cas ce qu’on peut déduire de l’observation des armes des pays voisins. Le seul conflit auquel ces fusils ont participé a été la guerre de 1870-71; ils y étaient complètement dépassés par le Dreyse et le Chassepot. D’autres troupes bavaroises étaient déjà équipées du fusil ultramoderne Werder lors de ce conflit. Mais au moment de la guerre 70/71, le royaume de Bavière était encore indépendant. Ila été intégré à la Prusse à la suite du conflit.

En tant qu’un fusil de transition, il présente cependant un intérêt certain. Il repose sur une bonne idée venue cependant beaucoup trop tard. Le système est composé d’un boîtier de culasse vissé sur le canon d’origine. Le boîtier comprend une ouverture de chargement sur sa surface supérieure et une surface de guidage pour la culasse. La culasse, elle, dispose d’un filetage interrompu male qui se verrouille dans un filetage femelle à l’arrière de la culasse. Un couvre-culasse est monté sur la culasse et guidé par deux rainures sur le boîtier. Il protège le filetage de la saleté et protège aussi le tireur des crachements et des fuites de gaz lors du tir.

La forme cylindrique du boîtier et la forme de la poignée de culasse lui a valu le surnom « moulin à café ».

Le manque d’étanchéité de la culasse constitue le gros problème de ce système. Similaire à celle de la carabine française d’essais Manceaux-Vieillard, la tête de culasse est concave pour orienter les gaz de combustion vers l’avant. Les munitions combustibles en papier avaient aussi des culots épais qui contribuaient sans doute à l’étanchéité du système. On comprend alors pourquoi le couvre-culasse était important. La mise à feu se faisait avec une capsule à percussion normale.

La cartouche comporte un étuis en papier contenant la charge et une balle du type Minié. Dans la surface extérieure du culot se trouve un logement pour accueillir une capsule à percussion. Lors du chargement, l’idée était que le culot de la cartouche était appuyée sur la cheminée pour siéger la capsule, la cartouche étant ensuite chambrée en laissant la capsule sur la cheminée. Le principe est intéressant mais particulièrement dangereux car la capsule pouvait potentiellement s’enflammer lors-ce qu’on l’appuie sur la cheminée, ceci engendrant la détonation de la cartouche dans la main du soldat. Pour faire revivre ce fusil, je préconise une cartouche avec une bourre épaisse saturée de graisse collée au culot pour assurer une bonne étanchéité, selon le principe de la cartouche pour le système « Monkey-Tail » de Westely Richards.

Le mécanisme de détente de ce fusil est caractéristique astucieuse. Il incorpore une sécurité qui bloque la détente tant que la culasse n’est pas verrouillée. C’est le fait d’une tige connectée à la détente. Cette tige monte verticalement quand la détente est appuyée. Si la culasse est verrouillée à fond, l’extrémité de la tige rentre dans un trou situé dans la culasse et le coup est lâché, par contre si la culasse n’est pas verrouillée à fond, le trou dans la culasse ne sera pas aligné dans l’axe de la tige, bloquant ainsi la tige sous la culasse et empêchant ainsi tout mouvement de la détente.

La baïonnette à douille a une rainure hélicoïdale comme la baïonnette Lorenz autrichienne. Cependant, une rainure de chaque côté du guidon du canon accueille les bords de la rainure de la baïonnette. Allez savoir pourquoi ils ont fait si compliqué…