Fusil d'infanterie autrichien Mannlicher M1886

1886
  • Pays: Autriche
  • Système de mise à feu: Percussion centrale
  • Calibre: 11 x 58R Werndl

Le fusil Mannlicher 1886 constitue la première arme réglementaire utilisant un verrou à mouvement rectiligne. Le verrou à mouvement rectiligne permet d’actionner la culasse simplement en la tirant en arrière et en la repoussant en avant. Aucun mouvement en rotation n’est nécessaire de la part du tireur comme sur la grande majorité des fusils à verrou. Théoriquement ce type de verrou permet un réarmement plus rapide mais il a tendance à être plus délicat.

Le mle1886 a été adopté au moment où la France dévoilait le fusil mle1886 à poudre sans fumée, mettant ainsi fin à l’aire de la poudre noire. Le mécanisme fut inventé et perfectionné par le célèbre Ferdinand Mannlicher en 1885 mais ne fut adopté que de façon limitée. Il fut ensuite modifié, une dernière fois, pour devenir le mle1886. Un éjecteur automatique de lames-chargeurs vide a par exemple été éliminé.

Le système Mannlicher s’observe dans la culasse téléscopique qui comprend une première portion cylindrique externe et une deuxième portion cylindrique interne. Un battant est fixé de manière à pivotante sur le dessous de la première portion cylindre externe. Une rainure en T est usinée dans la surface supérieur du battant. La deuxième portion cylindrique interne est munie d’un coin avec une section en T qui s’emboîte dans la rainure du battant. Quand le coin est avancé par rapport au battant, le battant pivote en position basse, quand le coin est retiré, le battant pivote et se rabat vers le haut. La queue du boîtier a un logement pour accueillir le battant en position basse et verrouiller la culasse.

De sa position ouverte, la poignée de culasse, qui constitue la deuxième portion cylindrique interne, est poussée vers l’avant. Elle fait avancer la culasse entière jusqu’à ce que la tête de culasse bute contre la chambre. Dans cette position, le battant est positionné directement au-dessus du logement dans la queue du boîtier. La culasse est alors fermée mais pas verrouillée. Il faut pousser encore une fois sur la poignée, ceci fait coulisser la deuxième portion cylindrique complètement dans la première portion cylindrique et force le coin de cette deuxième portion en avant derrière le battant, ainsi faisant pivoter le battant dans sa position basse dans le logement prévu. Ce dernier mouvement arme aussi le percuteur. La culasse est maintenant armée et verrouillée.

Pour ouvrir la culasse, la poignée est simplement tirée en arrière, ce qui fait d’abord coulisser uniquement la deuxième portion cylindrique interne. Ce mouvement éloigne le coin du battant et fait remonter celui-ci hors de son logement dans le boîtier. On peut ensuite tirer la culasse complète en arrière pour extraire une éventuelle douille. Le boîtier a aussi une sécurité rudimentaire qui comprend un volet pivotant qui bloque la culasse en position verrouillée avec le percuteur en position de repos.

Le magasin est aussi unique à son époque puisqu’il utilise des lames chargeurs au lieu de d’un lot de cartouches chargées une à une dans un magasin. La lame en tôle a une section en forme de U et pince cinq cartouches. Pour charger le fusil, il suffit d’enfoncer une lame-chargeur dans le puits du magasin jusqu’à ce qu’il soit retenu par un cliquet. Au fond du magasin, il y a un élévateur dimensionné pour passer entre les pattes de la lame-chargeur et pousser les cartouches vers le haut afin d’alimenter la culasse. Lorsque la lame-chargeur est vide, elle tombe du magasin par une ouverture dans le fond. Si des cartouches se trouvent encore dans la lame-chargeur, elles peuvent être éjectées en bloc en appuyant sur un poussoir logé dans l’avant du pontet.

Le système fonctionne très bien mais il faut actionner la culasse énergiquement. La combinaison de la culasse linéaire et du magasin à lame-chargeur donne une très bonne cadence de tir, ce qui surprend parfois au pas de tir. La crosse est aussi assez ergonomique avec sa poignée pistolet. Elle permet une mise en joue assez naturelle même ci le fusil est assez lourd et long.

La hausse est calibrée de 300 à 1500 schritt (1 schritt = 80cm) et comprend aussi une hausse escamotable pour le tir indict. Le calibre du canon est de 11 x 58R Werndl, tout comme son prédécesseur le fusil Werndl.

La baïonnette est un couteau court d’apparence assez moderne. Le fusil n’a pas de baguette mais l’embouchoir a un quillon pour faciliter le groupement de plusieurs fusils en faisceaux.

Comme beaucoup de fusils de cette époque de transition, le Mannlicher était dépassé à peine mis au point. Beaucoup ont été recanonnés pour tirer des cartouches de 8mm à poudre sans fumée. Mais ni le boîtier ni la culasse n’étaient vraiment aptes à supporter les pressions générés pour la poudre sans fumeé. Ce modèle a donc été rapidement remplacé par le Mannlicher 1895, lui aussi à verrou à mouvement rectiligne.