Fusil autrichien M1842 Kammerbuchse

1842
  • Pays: Autriche
  • Système de mise à feu: Système Augustin
  • Calibre: 18mm (.69

Le fusil Autrichien Mle1842 dit « Kammerbuchse » (fusil à chambre) est un des nombreux fusils qui ont jadis armés les tirailleurs de l’armée Autrichienne. C’est un fusil relativement lourd avec un canon au calibre 18mm, doté de douze rayures profondes. Le canon possède une chambre rétrécie suivant le principe Delvigne, similaire à celle du pistolet Français Mle1833.

Ce qui saute aux yeux est bien sûr la platine. Au lieu de faire la transition directe de la platine silex à la platine à percussion comme la plus part des pays voisins, les Autrichiens ont décidés d’adopter le système Augustin, lui-même un développement du système Console. A la place d’une capsule ouverte que l’on enfonce sur une cheminée, le système utilise un petit cylindre en cuivre contenant une composition fulminante. Ce cylindre est inséré dans le bassinet de la platine et un couvercle est refermé sur le bassinet. La lumière du canon est prolongée par un élément tubulaire qui rentre dans le bassinet. Quand le cylindre est inséré dans le bassinet, son extrémité est partiellement insérée dans l’élément tubulaire. Le couvercle comprend une enclume mobile qui est positionné pour être au-dessus du bout du cylindre qui sort de l’élément tubulaire quand le couvercle est baissé. Quand le chien frappe l’enclume celle-ci écrase le cylindre contre le fond du bassinet, ce qui provoque la détonation de l’amorce, et, via l’élément tubulaire, la mise à feu de la charge de poudre dans le canon. Les cylindres en cuivre avaient aussi une petite boucle en fil de fer qui était placé dans une fente dans le bassinet prévus à cet effet. Après le tir, les débris du cylindre pouvaient être facilement dégagés du bassinet en tirant sur ce fil. La platine Augustin peux aussi ce trouver sur les pistolets, les mousquetons de cavalerie et les fusils d’infanterie.

Pour pouvoir tirer avec une arme à platine Augustin de nos jours, il suffit simplement d’utiliser une capsule de fusil à percussion. L’une des ailettes doit être arrachée pour laisser une brèche dans la paroi de la capsule, celle-ci est ensuite posée à l’envers dans le bassinet pour que l’enclume rentre dans la capsule quand le couvercle est refermé, brèche orientée vers le tube. Si la détonation n’est pas assez puissante pour faire partir le coup, celle-ci peut être augmentée en plaçant un peu de poudre d’amorçage dans l’élément tubulaire de la lumière.

Ce fusil possède de nombreuses caractéristiques des fusils de troupes d’élites de l’époque, notamment un pontet avec repose-doigt et un appuie-joue sur la crosse permettant une position de tir plus naturelle, une trappe à outils dans la crosse, et une belle hausse à feuillets. Clairement ceci n’était pas un fusil destiné au vulgaire soldat d’infanterie.
La baguette est intéressante car elle comprend un manchon en laiton autours de la tête de chargement pour éviter d’endommager les rayures du canon. La balle tiré par ces fusils était initialement une balle ronde, puis elle fut remplacée par une balle conique. En observant la forme du bout de la tête de la baguette on peut déterminer quel type de projectile le fusil était supposé tirer. Le bout de la baguette de ce fusil présente une surface concave sphérique donc le fusil était bien destiné à tirer des balles rondes.

La baïonnette pour ce fusil est une baïonnette à douille doté d’une grande lame l’épée. Elle se verrouille au canon avec un loquet d’après le principe Laukart. La plupart de ces fusils ont été exportés aux États-Unis pendant la guerre de sécession où ils ont été convertis au système à percussion classique. Il est donc assez rare de trouver un de ces fusils en état d’origine et sa baïonnette.

Un test de ce fusil a démontré que ce fusil est d’une précision redoutable à 50m. Des balles nues ont été utilisées pour favoriser la prise des rayures lors du martelage.